Exit tax

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L.L.V. FIDEUROPE AVOCATS Focus

Exit tax : anticiper le départ de France

Un impôt calculé sur des plus-values que vous n’avez pas encaissées, déclenché par un déménagement. Il se prépare avant le départ, il ne se rattrape pas après.

Section 2 — Situations · Fiscalité franco-suisse
Situations

Quand l’exit tax devient un sujet

Vous cédez votre entreprise et vous partez

La cession est en cours ou vient de se conclure, et l’installation à l’étranger suit de quelques mois. L’ordre dans lequel se succèdent les deux opérations change le résultat.

  • Arbitrage entre céder avant le départ ou après le transfert de résidence
  • Articulation avec un apport-cession ou une plus-value déjà placée en report
  • Créance de complément de prix rattachée à la cession, également visée par le texte
  • Calendrier de la donation aux enfants par rapport à la date du transfert

Vous partez sans céder

Vous conservez vos titres et vous déménagez. L’impôt se calcule sur une plus-value que vous n’avez pas encaissée, à partir de la seule valeur des titres au jour du départ.

  • Évaluation des titres non cotés au jour du transfert de domicile
  • Sursis de paiement de plein droit ou sur demande, selon le pays d’arrivée
  • Garanties à constituer avant le départ lorsqu’elles sont exigées
  • Obligations déclaratives de l’année du transfert

Vous êtes déjà parti

Le départ a eu lieu, l’impôt est en sursis, et un événement se profile : une cession, une donation, un rachat de titres, ou un retour en France.

  • Suivi déclaratif pendant toute la période de sursis
  • Effet d’une cession sur l’impôt en sursis et articulation avec l’impôt du pays de résidence
  • Dégrèvement au terme du délai de conservation
  • Retour en France et sort de l’imposition restée en sursis

Un doute sur votre situation ? Le test ci-dessous reprend les conditions de l’article 167 bis.

Outil

Êtes-vous dans le champ de l’exit tax ?

Cinq questions sur les conditions posées par l’article 167 bis du code général des impôts : durée de résidence, seuils patrimoniaux, pays d’arrivée. Le test dit si vous entrez dans le champ et sous quel régime de sursis. Il ne calcule aucun montant. Rien n’est transmis, rien n’est enregistré.

Ce test est un repère de lecture. Il ne constitue pas une consultation, ne couvre pas les cas particuliers, notamment les titres détenus via une structure interposée, et ne se substitue pas à une analyse de votre situation.

Section 3 — L’approche · Fiscalité franco-suisse
Le régime

Ce que prévoit l’article 167 bis

Un impôt déclenché par un déménagement, pas par une vente.

Le champ

Deux conditions se cumulent. Il faut avoir été résident fiscal de France pendant au moins six des dix années précédant le transfert, ces six années n’ayant pas à être consécutives. Il faut ensuite détenir, au jour du départ, soit des droits sociaux, titres ou droits d’une valeur globale d’au moins 800 000 euros, soit une participation représentant au moins 50% des bénéfices sociaux d’une société.

L’assiette ne se limite pas aux plus-values latentes. Elle comprend aussi les créances de complément de prix issues d’une cession antérieure et les plus-values déjà placées en report d’imposition.

Le sursis

Le sursis de paiement suspend le règlement de l’impôt, il ne l’efface pas. Il s’applique de plein droit lorsque le départ se fait vers un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, ainsi que vers un État lié à la France par une convention d’assistance administrative et d’assistance au recouvrement.

Vers tout autre État, le sursis relève d’une demande, assortie de la désignation d’un représentant fiscal et de la constitution de garanties. Ces garanties se préparent avant le départ, pas après.

Le dégrèvement

L’impôt est dégrevé au terme d’un délai de conservation des titres, décompté depuis la date du transfert :

  • Deux ans lorsque la valeur globale des titres n’excède pas 2 570 000 euros au jour du départ
  • Cinq ans au-delà de ce seuil

Le dégrèvement intervient également en cas de décès du contribuable, de donation des titres sous conditions, et lors d’un retour de la résidence fiscale en France.

Le calendrier

Trois moments, et deux d’entre eux se referment définitivement.

  • Douze à vingt-quatre mois avant : évaluation des titres, arbitrage entre céder avant ou après, donation éventuelle, préparation des garanties
  • L’année du transfert : déclaration spécifique déposée avec la déclaration de revenus
  • Après le départ : suivi déclaratif pendant le sursis, et surveillance des événements qui remettent l’impôt en jeu

Un départ décidé trois semaines avant le déménagement laisse la troisième étape, et seulement elle.

Section 4 — Le cabinet · Fiscalité franco-suisse
Le cabinet

Lalé Kilic, avocate en fiscalité internationale à Lyon

Près de vingt ans de pratique en fiscalité patrimoniale internationale. Une première carrière dans les grands cabinets américains à Paris et Lyon, en mobilité internationale, avant de fonder L.L.V. FIDEUROPE AVOCATS à Lyon. Les départs de dirigeants en cours de cession sont une part régulière de notre activité.

  • Membre du Barreau de Lyon, annuaire des avocats à l’international
  • Coordination avec vos conseils en cession, notaires et banquiers privés
  • Formations IFAURA pour experts-comptables sur les sujets internationaux
  • Consultations en français comme en anglais

Présentiel à Lyon, Paris, Annecy ou Genève. Visioconférence en français comme en anglais.

Parcours complet
Lalé Kilic, avocate en fiscalité internationale à Lyon
Section 5 — FAQ · Fiscalité franco-suisse
Questions fréquentes

Vos questions sur l’exit tax

01 Qu’est-ce que l’exit tax, concrètement ? +

Une imposition des plus-values latentes sur vos titres, déclenchée par le transfert de votre domicile fiscal hors de France. Latente signifie que vous n’avez rien vendu et rien encaissé : l’administration calcule la plus-value que vous auriez réalisée si vous aviez cédé vos titres au jour du départ, et l’impose. S’y ajoutent les créances de complément de prix issues d’une cession antérieure et les plus-values déjà placées en report d’imposition. Dans la grande majorité des cas, le paiement est suspendu par un sursis, et l’impôt finit par être dégrevé si les titres sont conservés.

02 Suis-je concerné si je pars avec moins de 800 000 euros de titres ? +

Pas au titre de ce seuil, mais il existe un second critère alternatif : détenir une participation représentant au moins 50% des bénéfices sociaux d’une société suffit à entrer dans le champ, quelle que soit sa valeur. Attention également au moment de l’appréciation : le seuil de 800 000 euros s’apprécie au jour du transfert, sur la valeur globale de l’ensemble de vos droits sociaux, titres et droits. Une valorisation à l’occasion d’un tour de table, ou une cession qui se prépare, peuvent faire franchir le seuil entre le moment où vous décidez de partir et celui où vous partez.

03 Le sursis de paiement est-il automatique ? +

Il l’est vers un État de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen, ainsi que vers un État lié à la France par une convention d’assistance administrative et d’assistance au recouvrement. Vers tout autre État, le sursis suppose une demande, la désignation d’un représentant fiscal et la constitution de garanties. C’est un point de calendrier plus qu’un point de droit : les garanties se montent avant le départ, et leur préparation prend du temps.

04 Au bout de combien de temps l’impôt est-il dégrevé ? +

Au terme d’un délai de conservation des titres décompté depuis la date du transfert : deux ans lorsque la valeur globale de vos titres n’excède pas 2 570 000 euros au jour du départ, cinq ans au-delà de ce seuil. Le dégrèvement intervient aussi, indépendamment de ce délai, en cas de décès, de donation des titres sous certaines conditions, et en cas de retour de votre résidence fiscale en France.

05 Que se passe-t-il si je vends mes titres après le départ ? +

Une cession intervenue avant la fin du délai de conservation met fin au sursis et rend l’impôt exigible, en totalité ou pour la part correspondant aux titres cédés. À cela s’ajoute l’imposition éventuelle de la même cession dans votre nouvel État de résidence. C’est précisément l’articulation entre les deux qui se prépare en amont : selon la convention applicable, la France et l’État d’arrivée n’ont pas les mêmes droits d’imposer, et le traitement du prix de revient peut différer d’un pays à l’autre.

06 Qu’est-ce que la règle des 183 jours, et a-t-elle un lien avec l’exit tax ? +

Ce sont deux sujets distincts que l’on confond souvent. La règle des 183 jours est un critère de rattachement que l’on retrouve dans les conventions fiscales, notamment pour l’imposition des salaires en mission courte. L’exit tax, elle, ne dépend pas d’un nombre de jours mais d’une condition de durée de résidence antérieure, six des dix années précédant le départ, et de seuils patrimoniaux. Un départ en cours d’année n’échappe pas à l’exit tax parce qu’on aurait passé moins de 183 jours en France cette année-là.

Section 6 — CTA final · Fiscalité franco-suisse
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